• Et le vin te rapportera de l’argent (au pire tu le boiras) – Partie I

    by  • 30/11/2011 • Le Petit Financier du Vin • 0 Comments

    La fièvre bleue

    Petit, je me rappelle accompagner mon père voir la palombière* de Gilbert C . , un ami landais de ma famille. Gilbert était atteint par la fièvre Bleue comme on l’appelle dans le Sud Ouest. Outre le fait que ce fut un grand chasseur de Bécasse* et de Palombe**, c’était aussi un grand amateur de vin.

    Charpentier, il avait lui-même fabriqué le poste central de sa palombière, un véritable chalet déguisé en garçonnière. Tout y était : cuisinière dernier cri, frigo, four, meuble en bois à la fois rustique mais chaleureux. Un vrai palace, conçu pour les repas gascons les plus épiques.

    D’ailleurs, je me souviens de voir quelques victimes dans le coin de la pièce : Lynch Bages, Sociando Mallet dégustés sur des jeunes Palombes rôties au Cèpes, on sentait encore l’odeur de la persillade… Gilbert était un vrai amateur. L’argent qu’il gagnait finançait sa palombière et ses repas entre potes. Il n’était pas avare et n’hésitait à mettre le prix pour se procurer une perle rare.

    Source : L'Exansion - Caisse des Dépôts
    Crédit photo : L’expansion / Caisse des Dépôts
    Du Petrus 82 plutôt qu’un Livret A …

    Ce qui me surprit, c’est le jour où il parla de ses deux caisses de Petrus 82 qu’il comptait garder en vue de les revendre. C’était son bas de laine, son matelas en or. Pour cause, il ne faisiat guère confiance aux conseillers financiers des banques locales. Je devais avoir 12 ans, donc, lorsque je me suis aperçu que des gens épargnaient avec du vin. Pour moi, c’était un non sens, j’achète une grande bouteille : je la bois. Il n’y avait pas d’autre issue. Comment Gilbert pouvait acheter un Petrus 82 et un jour la revendre …totalement inconcevable.

    C’était il y a 15 ans…

    Quoi ? Une bouteille, actif financier ?

    Il y a trois ans, j’ai réalisé un exposé avec un ami avec pour thème les placements financiers alternatifs. Nous avions choisi chacun un type de “sous jacent” : lui l’Art, moi le vin. Je connaissais déjà assez bien l’industrie mais j’avoue que j’avais peu de connaissance sur sa financiarisation. J’ai donc découvert une nouvelle façon d’appréhender le produit.

    En fait, j’ai découvert que le vin était un véritable actif financier et traité comme tel. Des OPCVM *** vins existent, soit un fond d’investissement composé grands vins ouvert aux investisseurs privés. Des parts sont distribués avec une valeur liquidative publiés régulièrement, ce qui alors en faisait un placement relativement liquide. Ce fond se valorise notamment en essayant de suivre la cotation des indices spécialisés Livex. En fait, exactement comme un fond qui investit dans les Actions françaises et qui essaye de suivre la performance du CAC40. J’ai trouvé cela étonnant mais pas surprenant, notamment si on analyse la valeur intrinsèque du des grands vins.

    La suite dans quelques jours…

    * Palombière/ sorte de cabanne en bruyère et en pin construite par des furieux qui y passent un mois et demie dans l’année
    **Palombe/ on appelle Palombe le pigeon Ramier qui une fois passée la garonne lors de sa migration automnale deviens palombes pour les furieux qui sont dans leur cabanne
    ***OPCVM/ Organisme de placement collectif en valeur mobilière

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    Le Nez est la caution technique de ce blog, car solide en finance et en dégustation à l'aveugle.

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